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17 avril 2021 6 17 /04 /avril /2021 14:56

 

Une nouvelle fois, un fait d’actualité parvient par Internet jusqu’à note cercle de confinement, en l’occurrence, le réveil de la Soufrière dans l’île caraïbe de St Vincent, ce 9 avril dernier. Et ressuscite un souvenir. On vous raconte :

C’était en 1979. Michel naviguait alors dans les Antilles, avec sa Grande Goële.

Pour mémoire l’article suivant, sur sa construction de cette goélette:   

http://voile-et-voyages.over-blog.com/article-construction-de-la-grande-goele-116581377.html

Autour d’une éruption volcanique à Saint-Vincent

 

1Récit de son expérience de l’éruption

Ce jour-là d’avril, Il était ancré (non pas à l’endroit de la photo ci-dessus) mais dans un mouillage de l’île Baliceaux (mouillage à l’ouest de l'île, peu et surtout pas du tout fréquenté, ce qui convenait parfaitement à son goût de se sentir au bout du monde !)

NB : voir plus bas, le rappel d’un autre fait notable, dont Michel conserve la mémoire, arrivé à un autre moment, dans cet endroit. Et puis quelques autres « aventures » dans ce même archipel des Grenadines.

Il était prévu que Michel navigue le lendemain, jusqu’à l’île de St Vincent où il avait rendez-vous, dans l’anse de Petit Bordel (on ne vous cite pas leurs plaisanteries « fines » autour de ce nom !), rendez-vous avec un copain de bateau. Cette anse se trouve au pied du volcan (d’ailleurs l’essentiel de l’île de St Vincent est constituée des flancs du volcan)

Avant d’aller plus loin dans ces souvenirs, il est peut-être utile de rappeler que La Soufrière est du genre volcan explosif. Son sommet est couronné d’un lac qui, sous la montée de la chaleur, s’évapore petit à petit, et quand la poussée du dôme de lave finit par être suffisamment forte, c’est d’abord dans le ciel, comme le saut du bouchon de champagne, qui libère en premier un panache blanc gorgé de vapeur d’eau.

Ce jour-là d’avril, donc, Michel et son vieil ami Jean ont soudain entendu un énorme bruit d’explosion. Et vu le champignon blanc s’élever (vieille photo ci-dessous)

 

Autour d’une éruption volcanique à Saint-Vincent

 

Et qu’ont-ils alors pensé ? Absolument pas volcan ! Mais : « Ah ! c’est encore ces c… d’Américains ! » Non pas qu’ils aient quelque chose contre les Américains (surtout Jean qui entra dans la Résistance à 16ans !) Mais à cause d’un évènement arrivé quelques temps plus tôt, en Méditerranée, au large des côtes espagnoles. Un avion US, chargé de bombes – nucléaires ? – alors qu’il rejoignait leur base du côté de Carthagène, était tombé dans la mer ! Panique générale. Mais les bombes avaient finalement pu être récupérées... Et donc, pour en revenir à ce jour d’avril 1979, Michel et Jean avaient tout de suite pensé que c’était à nouveau un avion américain et qui, cette fois, avait percuté la montagne !

Mais, quand ils ont vu plus tard arriver le nuage sombre, et qui a fait soudain chuté la température (comme lors d’une éclipse de soleil – nous en avons vécu une en Corse – en 1998 ?), ils ont compris. Et Michel, du coup, a renoncé à se rendre à St Vincent.

Quant à son copain avec qui il avait rendez-vous, celui-ci était arrivé à Petit Bordel, la veille de l’explosion. Il a donc été aux premières loges. Pas de destruction, heureusement, pour lui. Mais son bateau, sous le vent de l’île, s’est retrouvé tellement couvert de poussières volcaniques, incrustées partout, que 15jours plus tard, quand lui et Michel se sont enfin retrouvés pour partager le pot de l’amitié, il était encore en train de les traquer, dans tous les recoins de son bateau !

 

Autour d’une éruption volcanique à Saint-Vincent

Tout était bien qui se finissait bien pour eux. Mais pour les habitants de l’île, ce fut plus compliqué. Ils ont été 22000 du N de l’île, à être évacués, vers les îles voisines. Michel a eu  connaître l’accueil réservé à environ 600 d’entre eux, à l’île Moustique, l’île dite des milliardaires.

Cette île qui appartient à St Vincent, a été louée avec un bail emphytéotique (99ans) puis lotie par son promoteur anglais (un certain Colin Tennant) pour des clients fortunés, européens ou américains (150 à 200 personnes). Parmi, alors, les plus belles propriétés, il y avait celle de Mike Jagger. Michel a eu l’occasion de le croiser, et se souvient surtout d’un homme maigrissime et blafard, toujours entouré de sa cour, et que la modestie ne semblait vraiment pas étouffer !

Il préfère se souvenir dans cet endroit, 1) un moment vraiment « magique ». En un endroit où il avait débarqué avec son zodiac : des milliers et des milliers de lucioles, s’allumant, s’éteignant en une valse ininterrompue, et qui lui ont donné l’impression d’avoir été propulsé au milieu des étoiles dans le ciel… Ou bien 2) ce « truc » donné par un cuisinier local pour réussir les langoustes (et autres homards ou crustacés) : les faire pré cuire dans l’eau bouillante 2à3 minutes maxi, avant de les mettre à griller, ce qui laisse la chair onctueuse, et non collante à la carapace, elle, bien grillée. Miam !...

Mais pour revenir à l’accueil des réfugiés sur place, ce fut loin d’être le tapis rouge déroulé. Et plutôt l’affrontement des « On est chez nous ! » : les riches avec leur argent, les autres parce qu’ils étaient originaires de l’endroit. Ces derniers ont fini par être « parqués », en dehors de la zone des villas. Michel ignore comment les choses se sont passées ensuite.

Autour d’une éruption volcanique à Saint-Vincent

2 - Une autre anecdote vécue dans ce même endroit

Une année précédant cette éruption, où Michel se tenait, seul bateau, dans ce même mouillage de l’île Baliceaux, il a vu arriver une équipe de tournage de film. Un américain. Il a découvert que c’était pour le tournage du 2ème « Dents de la mer ». Le réalisateur lui a dit qu’il serait préférable qu’il s’en aille, mais qu’il ne pouvait pas l’y obliger. Il lui a demandé où il comptait aller ensuite. Michel a répondu à Union Island, 3 jours plus tard. L’autre lui a dit que s’il acceptait de partir tout de suite, il aurait table ouverte, à son nom, là-bas, pour ces 3 jours. Michel est parti, mais sans trop y croire. Mais les choses se passèrent effectivement ainsi ! Michel n’abusa pas pour autant, ce n’est pas son style. Nous avons retrouvé, dans Wikipedia, le nom du réalisateur de ce 2ème « Dents de la mer ». Il s’agit de Jeannot Szwarc. Un homme de paroles, donc…

Autour d’une éruption volcanique à Saint-Vincent

Pour ne pas surcharger cet article, et la mémoire de Michel s’étant mise à fonctionner à plein régime, on abordera, dans un ou deux articles suivants, d’autres « aventures » qui nous semblent dignes d’être rapportées. Ces faits déroulés dans l’archipel des Grenadines, notamment à Union (un carénage), à Béquia (prononcé Bécoué en français des Caraïbes) : la construction d’un bateau traditionnel, à Mayero (rencontre avec un prêtre Français), à St Vincent (une mauvaise rencontre) et enfin à Canouan : une partie de pétanque mémorable. Tout cela s’étant passé dans la 2ème moitié des années 70 ; voici plus de 40ans donc, un autre monde !

Et dans un article encore suivant, il est prévu de vous raconter 2 anecdotes déroulées à Sainte Lucie : une histoire de carte postale, et une autre… d’éléphant !

Et peut-être d’autres choses encore…

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